VENT DE TEMPÊTE - THÉÂTRE DU NORD-OUEST

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THÉÂTRE DU NORD OUEST

Le Nord-Ouest est toujours une annonce de tempête et bien sûr la tempête ne tarde jamais même si Météo France n’est que modérément crédible.

Mais ici nous avons à faire avec la culture, le théâtre s’il vous plait, l’art le plus noble de la langue mentale et vocale, universelle en fait, même si dans certaines cultures on ne pouvait montrer que des ombres ou des marionnettes avec un sifflet dit pratique pour déformer la voix.

Combien, Ô combien de fois, suis-je intervenu syndicalement dans le Nord Pas de Calais mais aussi communicationnellement sur les Radios du Nord Pas de Calais, ou dans la presse alternative d’Auvergne, du temps où c’était encore l’Auvergne enclavée et fière de l’être, pour défendre une troupe, une compagnie, sans compter ma présence assidue dans les commissions d’attribution de licences d’organisateurs de spectacle, tant dans le Nord Pas de Calais dès leur création par Jack Lang puis en Auvergne jusqu’à un âge avancé et une évolution qui amenait des bureaucrates et non des créateurs sur le devant de la scène qu’ils ne prenaient pas pour une scène où pourtant ils se tortillaient parfois sans vergogne mais avec autorité.

Le théâtre c’est ma vie et chaque fois que l’on menace une compagnie ou un théâtre on se doit, je me dois, vous vous devez de réagir et de clamer aussi dur que je l’ai fait pour sauver le Théâtre de la Découverte à Lille il y a très longtemps menacé par l’adjoint à sécurité publique de Pierre Mauroy, Premier Ministre en ce temps-là, un certain Hector Viron, sénateur qui plus est : « Hector Viron, Virons Hector ! » et il fut viré tant du Sénat que de la Mairie de Lille. Et je dois dire que cela fit du bien, et le souvenir en fait encore.

On peut alors passer à un autre combat et aller sauver le Ballet du Nord de Roubaix menacé par des caciques locaux, incapables de gérer une succession.

Et l’Auvergne n’a pas manqué d’aventures comme les jeunes compagnie du Puy en Velay au début du siècle, le Festival de La Chaise Dieu menacé par les intermittents en 2003, sans compter le théâtre bénédictin dans la pierre de tant d’églises romanes du Livradois Forez. Le théâtre n’a pas de limites et l’on doit obligatoirement mettre la nation à son service pour le sauver car sans le théâtre la nation n’est qu’une coquille de moule vide dans laquelle on moule les âmes à la conformité du néant.

Faites votre devoir.

Sauvez ce Théâtre du Nord-Ouest.

Et dites le bien à qui de droit, du plus simple agent municipal au plus haut responsable de l’état : sans le théâtre Emmanuel Macron ne serait pas ce qu’il est puisqu’il n’aurait pas pu pratiquer dans le club théâtre de son lycée d’Amiens le contact direct avec le peuple de France.

Dr. Jacques COULARDEAU

Jose VALVERDE Vincennes le 3 juillet 2019

Officier des Arts et Lettres

Grande Médaille de Vermeil

de la Ville de PARIS

Ancien Professeur à L’Université de Louvain la Neuve

(Je sais que c’est ridicule mais si cela peut aider

le secrétariat à faire lire…)

Monsieur le Ministre

J’ai toujours été contre la création pour des raisons “politiciennes” par le général De gaulle du Ministère que vous dirigez aujourd’hui. Je n’ai pas manqué de le faire savoir publiquement et d’évoquer les conséquences désastreuses pour nos auteurs dramatiques de l’existence de cette censure de fait, car elle incite à l’autocensure. La place dérisoire, occupée depuis sa création, de nos auteurs vivants dans le théâtre dit “public”, témoigne de la nocivité de l’existence dans une grande démocratie d’un ministère de la Conscience Collective. Car qu’est-ce donc que la Culture d’une Nation sinon sa conscience vivante ?

“Le ministère des Affaires culturelles est né en France avec la Cinquième République. Le général de Gaulle conseille au Premier ministre Michel Debré de proposer un ministère à André Malraux:« Il vous sera utile de garder Malraux. Taillez pour lui un ministère, par exemple, un regroupement de services que vous pourrez appeler « Affaires culturelles ». Malraux donnera du relief à votre gouvernement. »

Il s’agissait, en fait de donner une “caution de gauche” au gouvernement de monsieur Debré. C’était politiquement juste, c’est incontestable mais notre théâtre a perdu la prépondérance de la parole des auteurs vivants dans la vie du théâtre subventionné.

“LE THEATRE DES ANNEES 50.

Certains s’imaginent qu’il n’y avait pratiquement pas de vie théâtrale avant la décentralisation. Certes l’essentiel de la production des spectacles se faisait à Paris mais pratiquement tous les spectacles après avoir été présentés dans un théâtre parisien souvent pendant toute une saison passait une saison voire deux dans des tournées de province. Ils étaient accueillis dans des théâtres dont la gestion était en général municipale. Certes la prolifération des lieux de production, grâce à la « Décentralisation » a favorisé la conquête de nouveaux publics et une implication plus large du théâtre en particulier dans la vie scolaire.

Il y avait beaucoup moins de spectacles créés et il s’agissait à 80% de pièces nouvelles. La durée des spectacles permettait en outre aux auteurs de gagner la notoriété. On peut dire que l’essentiel de la vie théâtrale tournait autour des auteurs vivants et de leurs créations. Citons : Adamov, Achard, Anouilh, Arrabal, Audiberti, Aymé, Beckett, Bernstein, Camus, Césaire, Claudel, Cocteau, Crommelynck, Deval, Duras, Ferdinand, Ghelderode, Giono, Giraudoux, Ionesco, Marcel, Montherlant, Pagnol, Pichette, Prévert, de Richaud, Romains, Roussin, Salacrou, Sarraute, Sartre, Schéhadé, Simenon, Supervielle, Tardieu, Vaillant, Vauthier, Vian, Yacine pour ne citer que les plus importants.” (Extrait d’un ouvrage de Valverde qui ne verra peut-être jamais le jour !)

Qui aujourd’hui ?

La malheureuse ou le malheureux primo-lecteur de votre courrier sera sans doute embarrassé pour choisir l’expédition directe dans la corbeille à papiers ou le choix d’un commentaire indiquant l’éventuel intérêt de faire monter mon étonnante lettre d’un vieil histrion à la retraite à un étage supérieur du secrétariat d’un Ministre en exercice.

En effet, ma lettre a pour ambition d’inciter le Ministère de la Culture à venir en aide à un petit théâtre où l’on monte Shakespeare ! Et en outre un théâtre qui revendique de ne rien devoir à l’assistance publique de la Culture.

Ayant, moi-même, toujours décrié, comme anti-démocratique, pour les raisons que j’évoque au début de cette lettre, l’existence du Ministère dont vous avez la charge, j’ai reçu et accepté ses subventions de 1960 à 2003. (De 1960 à 1978 pour ma participation à la volonté de conquête d’un public populaire en banlieue parisienne et de 1978 pour mon combat pour défendre la place des auteurs vivants d’expression française : 183 créations et 500 lectures publiques)

J’ai accepté l’argent du peuple de France, cet ainsi que j’ai toujours nommé les subventions, car j’avais donné à mon activité le caractère, selon moi, d’une action d’intérêt général.

Cela me semble la seule légitimation à l’obtention de ce précieux argent du peuple qui ne saurait être une éventuelle récompense à des “qualités d’artiste” appréciés par les inspecteurs de votre administration, quel que soit leurs compétences. Dans ce domaine, un homme de théâtre, c’est du PUBLIC, qu’il attend les appréciations et rejets.

C’est donc qu’en réalité, l’acte théâtral, devient pour partie, propriété de celui qui le fréquente en tant que simple spectateur ! C’est pour cette raison que monsieur Jean Luc Jeener, le directeur du théâtre du Nord-Ouest, n’a pas le droit moral de ne pas solliciter le bénéfice de l’argent de la Nation pour sauver ce petit théâtre indépendant de tout et de tous sauf de son public et de la conscience collective.

Je n’ai que quatre-vingt-sept ans et j’ai bien l’intention de poursuivre mon activité d’homme de théâtre, à la mesure de mes modestes moyens y compris sous la forme d’intervention pour venir en aide à un petit théâtre, car ce sont par nature les lieux de la découverte, donc de l’avenir.

J’eusse pu et sans doute dû m’abstenir de cette trop longue lettre, dans laquelle je parle avec une telle complaisance de moi, vieux petit troubadour bientôt mort ! C’est parce que j’ai admiration et respect pour les personnes revendiquent leurs éventuelles singularités que j’ai entrepris cette démarche singulière : demander l’intervention d’une institution dont je n’approuve pas l’existence en faveur d’un petit théâtre qui ne la demande pas !

Je vous prie de vouloir bien agréer, monsieur le Ministre l’expression de ma considération pour votre fonction d’Etat et de ma sympathie pour votre personne.

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Written by

Dr Jacques COULARDEAU, PhD in Germanic Linguistics (University Lille III) and ESP Teaching (University Bordeaux II) has been teaching all types of ESP

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