Hug Me Tight and Free, Skin to Skin

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Trafalgar Square

GILLES GALLAS — OUVRIR LES BRAS POUR CHANGER LE MONDE — DU FREE HUG A LA CALINOTHÉRAPIE — AMAZON KINDLE — 2018

Je ne peux donc qu’approuver une évolution de notre société vers la reconnaissance que le contact de l’embrassade est une forme de confiance, d’empathie et de communion existentielle qui fait chaud au cœur, stimule l’esprit vers plus de connivance avec l’autre, les autres, mais cela pose bien des problèmes dans des sociétés occidentales fortement marquées par un puritanisme sensuel et sensoriel qui voit de la sexualité partout et qui rejette cette sexualité la plupart du temps fantasmée, en fait dans l’œil de l’observateur. Mais ce mouvement ne peut devenir fort que s’il dépasse les clivages de genre. Ainsi ne viser que des ateliers avec le parfait équilibre des sexes sans considérations des genres, c’est limiter le mouvement, le renfermer dans une norme aujourd’hui fortement remise en question et en fait même renforcer cette norme et en faire une sorte de carcan intellectuel et mental.

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Le livre en question

Ceci étant dit je veux insister sur ce que dit l’auteur sur Homo Sapiens.

Il a raison de parler de l’émergence d’Homo Sapiens il y a trois cent mille ans, et il peut ajouter au moins. Homo Sapiens émerge d’Homo Ergaster ou Homo Faber, peu importe le nom qu’on lui donne à condition que l’on voie bien que cet ancêtre est l’ancêtre commun de Néanderthal, Denisovan et Homo Sapiens, et comme les deux premiers ont respectivement évolué en Asie Mineure et en Asie Centrale, il faut considérer que cet ancêtre était déjà migrateur et on a retrouvé des ossements de cet ancêtre dans le Caucase Nord. La grande différence entre eux et Homo Sapiens, c’est qu’Homo Sapiens est un coureur longue distance de fond rapide et bipède, ce qui fait que la sélection naturelle retient des mutations génétiques qui vont avec cette fonction dictée par le fait qu’il a quitté la forêt et est descendu dans la savane en Afrique noire orientale et australe. Il est erroné de dire qu’Homo Sapiens a évolué en Afrique du Nord. Les Homo Sapiens d’Afrique du Nord sont les descendants de la première migration hors d’Afrique noire il y a environ cent quatre-vingt mille ans — au moins. Ils atteindront la Crète il y a cent soixante mille ans. Mais l’important ici est de comprendre qu’il ne peut pas y avoir de migration — y compris pour l’ancêtre commun des Homininés (j’en reste aux termes du Smithsonian Institute, bien que les Français préfèrent souvent parler des Hominidés qui pour moi incluent tous les singes, du moins les grands singes alors que les Homininés les excluent sauf — et cela est débattu — les chimpanzés) et j’entends ici tous ceux qu’on nomme Homo, l’ancêtre commun de Homo Sapiens, Néanderthal et Denisovan étant Homo Faber ou Ergaster comme je l’ai déjà dit — si une telle migration n’est pas un action collective, organisée et exigeant une préparation et une communication développée.

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L’auteur au charbon

Et c’est là la clé. Qui dit communication dit langage. Les singes, y compris les chimpanzés ont une communication faite de cris et d’appels sans rotation des voyelles et des consonnes donc sans la première articulation, des appels et des cris qui n’ont comme toute syntaxe que la répétition pour emphase et l’alignement de deux ou trois cris pour désigner l’alerte précise, le danger précis. Il ne s’agit là pas d’une syntaxe car l’assemblage de ces cris ou appels ne produit pas un sens composite mais simplement une série d’appels ou de cris qui tous gardent leur sens référentiel. Pour que la première articulation se développe il faut un ensemble de mutations génétiques qui sont en fait sélectionnées pour leur utilité pour la course bipède longue distance de fond et rapide : un larynx très bas (la pompe), une innervation de la zone subglottale et de l’appareil masticatoire très développée, une zone de Broca développée pour coordonner les diverses activités nécessaires : poumons, cœur, diaphragme, tout l’appareil respiratoire du larynx au fosses nasales, la bouche, la langue, etc. Le langage est un effet collatéral de ces mutations et Homo Sapiens va apprendre rapidement à s’en servir. Notons ici que le cerveau de Néanderthal a un déficit de 11% en masse rapportée à la masse corporelle par rapport à Homo Sapiens (rt en acceptant l’attendu que les deux cerveaux ont des structures et fonctionnements similaires, ce que l’on ignore totalement) et que l’innervation subglottale a le même déficit. Néanderthal est un bipède mais pas un coureur rapide et de longue distance. Ceci étant dit le langage humain articulé (trois articulations) va se développer selon une progression phylogénétique, mais, et c’est là l’essentiel, c’est le résultat de la capacité cérébrale de l’homme mais aussi de nombreux autres animaux qui n’ont cependant pas la possibilité de développer un langage articulé. C’est la capacité de transformer des sensations (influx nerveux) en perceptions par la saisie de « patterns » dans ce que les sens envoient au cerveau et ces « patterns » sont mémorisés en langage cérébral (langue machine du cerveau) et sont ensuite reconnus. Le langage articulé qui avec six voyelles et vingt consonnes peut produire des dizaines de milliers de mots d’une ou deux syllabes permet de nommer ces « patterns ». Mais cela est un travail mental virtuel et exige la construction et le développement simultané, concomitant et réciproque de ce que les Anglais appelle « mind » et ce que les Bouddhistes appellent « cita » et que nous traduisons en français par des mots qui tous ont une connotation religieuse, âme, esprit (saint bien sûr), et « le mental » désigne un processus et non ce construit qu’est la « mind ». C’est justement ce type de communication qui permet l’abstraction, donc l’observation réfléchie du monde, donc l’action organisée en vue d’une migration, etc. Sans compter le langage abstrait, religieux, scientifique, technologique, philosophique, etc., bref la conceptualisation de l’observation concrète.

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Toutes les rues mènent aux embrassades

Mais cela exige que l’espèce humaine, dès les premiers Homo, progressivement nient une loi absolue de la nature que la démographie d’une espèce est dictée par les ressources disponibles. Les loups qui reviennent en France sont des loups qui migrent solitairement et qui ne cherchent pas des ressources de survie car là d’où ils viennent ils sont loin de manquer de ressources. Mais migrant seul on voit que le loup n’a pas besoin de communication ni même de planification. L’espèce humaine elle doit donc programmer sa mutation et donc produire plus d’enfants que nécessaire pour la régénération de l’espèce, donc au moins trois enfants par femme. Vue l’espérance de vie de 29 ans (qui ne changera pour les classes populaires qu’à partir de la fin du 19ème siècle, et encore lentement), vue que la femme est féconde à 13 ans, cela donne à la femme 16 pour produire trois enfants qui atteindront l’âge de la procréation, et encore, vus les accidents de la vie adulte, quatre seraient mieux, chaque femme devra enfanter au moins huit ou dix enfants avec une mortalité infantile entre la naissance et douze ans d’au moins cinquante pour cent, et je dis bien au moins, sans compter les enfants stériles, handicapés, etc. Pour ce faire la femme doit donner une naissance tous les dix-huit mois. Les femmes à partir de treize ans soit portent un enfant dans leur ventre, un enfant sur leur dos ou s’occupe d’un enfant encore dépendant, ou les trois simulatanément. Cela fait qu’une division du travail naturelle s’impose : les femmes assurent la propagation de l’espèce en s’occupant prioritairement des enfants, de façon collective probablement. Et comprenons bien que l’enfant est une proie naturelle pour des animaux, y compris les aigles. Sally McBrearty signale un cas en Afrique australe d’un nid d’aigle qui contenait des os d’enfants. Ne parlons pas des mammifères carnassiers, voire des serpents de grande taille.

Cela a une conséquence capitale prouvée depuis quelques années à partir des peintures rupestres d’Indonésie et vérifiée ensuite en Europe. Des empreintes de mains sont présentes dans toutes les cavernes décorées et ces empreintes de main sont majoritairement des empreintes de mains de femmes et minoritairement d’adolescents en bas âge, y compris mâles. Les femmes décoraient les grottes et avaient donc un rôle spirituel important dans la communauté.

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Beige Brun Blond

Mais revenons aux migrations. La première entre 200 et 180 mille ans avant notre ère hors d’Afrique Noire, et j’insiste ici : nous avons tous été noirs avant d’être quoi que ce soit d’autre, sauf bien sûr les albinos. Cette migration descend les vallées du Nil et occupent l’Afrique du Nord avec une incursion au Levant jusqu’en 80 mille ans avant notre ère, date à laquelle ils repartent vers l’Afrique du Nord pour ne revenir que vers 35 mille ans avant notre ère. Cette migration est dite de première articulation et a produit toutes les langues sémitiques. Puis la seconde dite de deuxième articulation vers 120–100 mille ans avant notre ère passera par le couloir sud arabique et remontera par le Pakistan en Asie Centrale vers l’Asie de l’Est et du Sud-Est. C’est la migration des langues isolantes. La troisième dite de troisième articulation est en deux vagues. La première vers 70 mille ans avant notre ère arrivera en Asie mineure par le couloir sud arabique et de là remontera par le Caucase vers toute l’Europe (c’est Cro-Magnon) et contournant la Caspienne vers l’Asie centrale, la Sibérie, l’Oural et la Russie du Nord, la Finlande et les Lapons. Ce sont les langues agglutinantes, dites turkiques (le turc n’est qu’une seule de ces langues. La langue de Cro-Magnon a survécu à la glaciation par le repli des populations vers ce qui est aujourd’hui le pays basque, en fait le sud-ouest Français, à l’ouest de la Garonne et une bonne partie de l’Espagne (Notons que les grands fleuves d’Europe et des noms de lieux géologiques identifiables portent des noms d’origine turkique qu’on peut relier à des racines basques ou plus généralement turkiques). La deuxième vague arrivera en Asie Mineure et stationnera sur le plateau iranien à partir d’environ 45 ou 40 mille ans avant notre ère. C’est cette migration qui donnera après la glaciation une migration vers l’ouest qui produira les langues indo-européennes et une migration vers l’est qui produira les langues indo-aryennes. La langue descendant de la langue matrice de ces deux ensembles est le farsi de l’Iran et du sud de l’Iraq.

Vouloir poser, comme Harari, une révolution cognitive vers 70 mille ans avant notre ère est une façon d’éliminer l’origine africaine noire de l’entier de l’humanité. Les Scandinaves, repris par un universitaire de Caroline du Nord pose l’hypothèse de l’ensemble des langues nostratiques qui élimine purement et simplement TOUTES LES LANGUES D’AFRIQUE NOIRE. H.G. Wells était pour l’élimination de tous les gens de couleur, sauf les Juifs car ils acceptent les mariages interraciaux.

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Bienvenue Princesse Leia

Une dernière remarque importante concernant la glaciation. La pointe est à 19 mille ans avant notre ère. Sur environ vingt mille ans les eaux ont baissé de CENT-VINGT mètres. Les eaux commenceront à remonter vers 17 ou 16 mille ans avant notre ère et remonteront de cent vingt mètres en environ, pour l’essentiel 12 mille ans (ce qui représente un mètre par siècle) pour atteindre 20 centimètres de plus qu’aujourd’hui en l’an « zéro » pour se stabiliser au niveau actuel au cours du premier siècle de notre ère. Toutes les mythologies que je connais posent une origine du monde dans une immensité aqueuse. Ce n’est pas un souvenir d’avant la glaciation, mais bien un souvenir de cette remontée des eaux qui engloutit les plateformes continentales qui avaient été libérées et prises de végétations et de vie animale et humaine. Je refuse personnellement de parler de déluge car c’est une vision qui vient de Gilgamesh et autres littératures anciennes descendue du plateau iranien avec les Zoroastriens de Zarathoustra et reprise par les trois religions abrahamiques que je préfère clairement appeler d’origine sémitique. Jésus était Juif, probablement un rabbin de village, et il a prêché entièrement en araméen, la langue juive courante de son époque, tout en lisant et parlant l’Hébreu biblique comme langue liturgique. On sait ce qu’il pense du latin : « Rendez à César ce qui appartient à César », malgré Matthieu qui était collecteur d’impôts et fonctionnait en latin. J’imagine qu’il devait avoir le même « respect » pour le grec malgré Luc qui était médecin et formé en grec. Il faudra presque trois siècles pour extraire la religion prêchée par Jésus de son cocon juif et araméen et en faire la religion de l’empire romain fonctionnant en latin.

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Câlinons-nous nous-mêmes avec les autres

Il serait plus intéressant de parler d’Abraham et de ses deux fils. Le fils avec l’esclave arabe de son épouse, à lui donnée par son épouse stérile alors, Ismaël, puis le fils avec sa propre épouse, naissance miraculeuse n’est-il point, Isaac. Dès cette naissance l’épouse exigera d’Abraham qu’il renvoie au désert l’esclave et Ismaël sans la moindre nourriture ou eau, sacrifice suprême par la soif et la faim. Ismaël et sa mère seront sauvés par un autre miracle et ils sont les fondateurs de la religion islamique. Isaac a risqué mourir égorgé comme un animal et brûlé sur l’ordre de dieu qui le sauvera par un troisième miracle. On comprend alors comment les trois religions sont entrelacées d’hostilité et d’horreur, même si on considère qu’Isaac est la fin symbolique du sacrifice humain dans la tradition juive. Notons que dieu aura son dernier mot avec Jésus, son propre fils qu’il laissera crucifier. L’Islam est la revanche sur la barbarie du sort d’Ismaël et de sa mère arabe. Un vrai nid de saraphim, les serpents punisseurs et salvateurs de dieu sous Moïse (les serpents d’airain).

Voilà quelques idées et mises au point. Mais cela n’enlève en rien quoi que ce soit à la câlinothérapie bien qu’en linguiste j’aimerais que l’on parle de la câlinographie, les signes, les symboles et la syntaxe de cette communication par le contact direct. Notons que c’est essentiel pour les enfants dès la première heure de vie post-natale.

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Au-delà de tous les genres

Câlina, câlino, câlinons, il en restera toujours quelque chose… de bon. Et oubliez le Bonnacon, bête médiévale particulièrement néfaste. Ce n’est qu’un mythe après tout. Simplement regardez https://www.youtube.com/watch?v=hGZOAVLFMHU et vous serez convaincus que Trafalgar Square est vraiment le centre du monde.

Dr. Jacques COULARDEAU

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Dr Jacques COULARDEAU, PhD in Germanic Linguistics (University Lille III) and ESP Teaching (University Bordeaux II) has been teaching all types of ESP

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