Gilets Jaunes contre la France

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TROIS QUESTIONS DU GRAND DÉBAT

TROIS CONTRIBUTIONS PERSONNELLES

Dr. Jacques COULARDEAU

La démocratie oui, mais comment mieux accueillir la différence : handicap, enfants en difficultés… ? Peut-être un débat dans les classes pour sensibiliser…

Je ne vais pas les lister mais pour ne prendre que l’école qui semble intéresser beaucoup de monde, parlons de la diversité au niveau des enseignants (je ne suis pas pour l’orthographe multigenres, c’est un gadget, et même un cache misère comme auraient dit mes parents.

Les mères célibataires enseignantes, les pères célibataires enseignants, les enseignants de diverses orientations sexuelles, religieuses, culturelles (ces orientations sont des choix loin, très loin d’être assumés et portés, pour certains c’est même une accusation). Ne parlons pas de veufs et veuves, et aussi des différences ethniques, raciales, et les handicaps.

Nous posons-nous souvent la question de cette diversité au niveau des personnels non enseignants ? Bien sûr que oui dirons-nous, mais c’est faux nous ignorons totalement qui dans un lycée est le technicien de surface qui est un parent célibataire ou un parent veuf.

Et posons-nous la question au niveau des élèves. Là c’est la panique : on ne doit pas savoir, les enfants ne doivent pas dire, etc. Comment un enseignant peut-il répondre à la question d’un élève en tête à tête demandé par l’élève : « Ma copine est enceinte, qu’est-ce qu’on peut faire ? » Si l’élève (dans ce cas de première industrielle, à 17 ans) demande à un professeur c’est qu’il ne veut ni ne peut demander à ses parents et il ne veut ni ne peut demander à l’infirmière du lycée. Il choisit sa personne de confiance.

A la Sorbonne très systématiquement les étudiants Juifs et Gays venaient me le dire, probablement pas tous, mais certains. Pourquoi ? Parce que sur l’Internet ils avaient vu que j’étais Juif et ils avaient vu que je soutenais la cause des gays, les associations comme AIDES, etc.

La différence c’est cela. Les élèves, les étudiants cherchent la personne à qui ils ou elles vont faire confiance. Sommes-nous prêts à accepter cette confiance et non à la rejeter sur l’infirmière, la conseillère d’éducation, ou qui sait qui d’autre. C’est cela la différence. Nous devons être prêts à répondre un élève ou étudiant musulman sur une question de religion et de reconnaître qu’on ne peut pas quand on ne sait pas la réponse. Un enfant musulman qui soulève la question de Sodome et Gomorrhe, et dieu seul sait combien souvent ils soulèvent cette question, on doit pouvoir répondre et si on ne peut pas, on propose à l’étudiant de chercher Sodome et Gomorrhe dans la Bible qui est un livre saint pour les Musulmans et de discuter avec lui (ce ne sera jamais elle si vous êtes un homme pour les Musulmans). Nous aurions des surprises.

Comment garantir le respect par tous de la compréhension réciproque et des valeurs intangibles de la République ?

Si nous devons discuter de ces valeurs républicaines, encore faudrait-il les lister et les relativiser. Le mariage pour tous, qui soit dit en passant n’est que pour ceux qui veulent se marier sans aucune discrimination mais non un obligation pour tous, est-il une valeur intangible de la République ? Pourquoi alors n’a-t-il été mis en place que si récemment ?

Et le refus d’intégrer à la constitution le droit de chaque citoyen et résident de parler sa langue et que cette langue soit reconnue comme une DES langues de la République et non ce diktat intolérable que seul le Français est la langue de la République. Je ne suis pas de langue française de naissance et toute ma vie il y aura eu des professeurs et autres finauds pour me signaler que j’emploie encore en français des tournures syntaxiques typiquement occitanes, et comme ma langue véhiculaire quotidienne, ma langue de communication internationale et de recherche n’est pas le français, suis-je un citoyen inférieur ?

Le PDG de Renault en prison au Japon respectait-il les valeurs intangibles de la république ?

On ne pourra pas avancer si on ne définit pas ces valeurs de la République et si on n’arrête pas de les dire intangibles. Le droit de vote des femmes n’a jamais été reconnu par la Révolution Française et ne le sera dans la République qu’en 1945, un des derniers pays occidentaux à prendre la décision. Intangible vous avez dit ?

Comment mettre en place une éducation aux réseaux sociaux dès l’école ?

Quand donc allons-nous ne pas faire la même erreur que nous avons faite avec la radio (qui n’a jamais pénétré à l’école), avec la télévision (qui n’a jamais eu droit de citer à l’école), et ne parlons pas de l’ordinateur et donc de l’Internet.

Savez-vous que j’ai eu mon premier branchement (sans les appareils, à moi de venir avec MON ordinateur portable) d’ordinateur dans mes classes à la Sorbonne en 2008. Avant nous n’avions qu’un lecteur de CASSETTES VHS et parfois un lecteur de DVD, et encore il fallait le transporter de la salle de réserve à la salle de classe, du 7ème étage au 21ème étage par exemple.

Comment voulez-vous faire galoper des jeunes dans le monde de la connaissance sur Martin Luther King, si vous ne pouvez pas avoir accès immédiat à ses discours principaux et bien d’autres choses. Comment découvrir Rosa Parks si je ne peux pas référer les étudiants aux sources nécessaires disponibles sur l’Internet et qu’ils peuvent ainsi vérifier et consulter eux-mêmes, ce qui veut dire que je dois intégrer leur parole sur ce qu’ils ont découvert et je risque de tomber de haut.

Ils trouveront que MLK a plagié sa thèse de doctorat et les auteurs plagiés seront cités. Bien sûr ils ne peuvent pas savoir qu’avant 1965 aux USA le plagiat n’était pas un crime pour un doctorat car un doctorat était fondé sur le collectage d’opinions déjà exprimées et qu’ils se devaient de discuter avec des faits de rechercher personnelle.

Aujourd’hui à l’âge de l’Internet on demande de ne pas citer longuement ces sources mais de donner les références où nous pouvons les consulter facilement, et un bon professeur ou directeur de recherche (ils sont loin de l’être tous) passera du temps à vérifier ces sources.

Une dernière remarque : quand allons-nous supprimer les crayons et le papier et autoriser, mieux exiger que les élèves rendent leurs devoirs sous forme virtuelle. Le problème est de s’assurer que tous les élèves et étudiants ont accès aux machines nécessaires pour le faire. Quand j’enseignais à des tchniciçens de la paye, je ne ramassais pratiquement plus de devoirs, même fait en classe. Les étudiants le faisaient sur l’ordinateur dont ils étaient dotés et m’envoyaient leur travail à mon adresse email, là devant moi. Et ils recevaient en tant utiles la correction de la même façon à leur boîte email.

Croyez-vous que mes étudiants actuels qui sont des cadres d’entreprises startup dans le domaine des objets connectés de santé accepteraient de remettre un travail sur papier quand entre eux et moi il y a cinq cents kilomètres ? C’est cela l’enseignement de demain et en fait il pourrait déjà être là si nous le voulions.

Notre monde est en train de changer de base. Un de mes articles est en évaluation pour publication aux USA justement sur ce problème, ce que j’appelle le « Guided Self Learning », l’auto-apprentissage guidé. Nous sommes si loin du but. Et comme disent certains optimistes : dans vingt ans 60% des emplois dsponibles n’existent pas encore et nous ne savons pas ce qu’ils seront. Alors comment préparer les étudiants et élèves d’aujourd’hui à des emplois que nous ne connaissons même pas ?

Et que dire de ce titre du Figaro d’hier (lundi 21 janvier) :

Trois millions de jeunes totalement oisifs, dont 40% issus de l’immigration

ANALYSE — Ces chiffres de l’OCDE sur les 15–34 ans résument tout le mal français.

S’il doit y avoir une révolution en marche ce devra être celle qui remettra ces trois millions d’oisifs au travail et en même temps qui remettra au travail tous les chômeurs. La France peut-elle ainsi remettre près de cinq millions de gens au travail ? Et avec l’Intelligence Artificielle qui arrive ? Et avec 60% des emplois que cette IA va créer qu’on ne connaît même pas encore ? Voilà les vraies questions de fond, et qui sont aussi des questions de fonds. Il n’y aura pas de « révolution » tant que l’objectif ne sera pas de remettre au travail tous ceux qui sont « privés d’emploi » parfois par eux-mêmes.

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Dr Jacques COULARDEAU, PhD in Germanic Linguistics (University Lille III) and ESP Teaching (University Bordeaux II) has been teaching all types of ESP

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