ARLANC 7 mai 2019, RABELAIS-VILLON-COULARDEAU

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MA CONTRIBUTION À LA LECTURE D’ARLANC DE BOUQINE-JOB le 7 mai 2019

Plusieurs lectures dans des lieux publics dans la Communauté de Communes d’Ambert Livradois Forez sont organisées en mai pour préparer la FOIRE AUX LIVRES de Job du 8 juin. Je participerai à la lecture d’Arlanc avec deux auteurs, Rabelais et Villon, sans révéler entièrement ce que sera ma performance qui est en répétion, voilà les textes de travail qui sont les miens.

FRANÇOIS RABELAIS GARGANTUA

François Rabelais, Gargantua, Présenté par Victor Hugo, Annoté par Pierre Michel, Le Livre de Poche, Paris 1965.

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BALLADE DES PENDUS Francois VILLON (Inserts de Léo FERRÉ et du rappeur SEPT)

Frères humains qui après nous vivez
N’ayez les cœurs contre nous endurcis,
Car, se pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tost de vous merciz.
Vous nous voyez cy attachez cinq, six
Quant de la chair, que trop avons nourrie,
Elle est pieça devoree et pourrie,
Et nous les os, devenons cendre et pouldre.
De nostre mal personne ne s’en rie :
Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre!

L’amour n’a pas d’âge
Et la mer étale
Là-bas sur la plage
Non plus n’a pas d’âge

Délivré des potences allant vers le trépas
Les nuits de silence ici n’existent pas
Tiré vers le bas hors de l’humanité
Trouver ma dignité tournée vers l’au-delà
Délivré des potences allant vers le trépas
Les nuits de silence ici n’existent pas
Somnambule tu n’entends que le glas
Déambule mais la mort te prendra par le bras

Se frères vous clamons, pas n’en devez
Avoir desdain, quoy que fusmes occiz
Par justice. Toutesfois, vous savez
Que tous hommes n’ont pas bon sens rassiz;
Excusez nous, puis que sommes transis,
Envers le filz de la Vierge Marie,
Que sa grâce ne soit pour nous tarie,
Nous préservant de l’infernale fouldre.
Nous sommes mors, ame ne nous harie;
Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre!

Les mots sont les mots
Toujours mal criés
Pourtant il faut bien
Se servir des mots

“Angel, put sad wings around me now
Protect me from this world of sin
So that we can rise again”

La pluye nous a débuez et lavez,
Et le soleil desséchez et noirciz:
Pies, corbeaulx nous ont les yeulx cavez
Et arraché la barbe et les sourciz.
Jamais nul temps nous ne sommes assis;
Puis ça, puis la, comme le vent varie,
À son plaisir sans cesser nous charie,
Plus becquetez d’oiseaulx que dez à couldre.
Ne soyez donc de nostre confrarie;
Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre!

Qu’on nous a laissés
Écrits sur la vie
Criés dans les cris
Des amants lassés

Délivré des potences allant vers le trépas
Les nuits de silence ici n’existent pas
Tiré vers le bas hors de l’humanité
Trouver ma dignité tournée vers l’au-delà
Délivré des potences allant vers le trépas
Les nuits de silence ici n’existent pas
Somnambule tu n’entends que le glas
Déambule mais la mort te prendra par le bras

Frères humains qui après nous vivez
N’ayez les cœurs contre nous endurcis,
Car, se pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tost de vous merciz.
Vous nous voyez cy attachez cinq, six
Quant de la chair, que trop avons nourrie,
Elle est pieça devoree et pourrie,
Et nous les os, devenons cendre et pouldre.
De nostre mal personne ne s’en rie :
Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre!

L’amour n’a pas d’âge
Et la mer étale
Là-bas sur la plage
Non plus n’a pas d’âge

“Angel, put sad wings around me now

Protect me from this world of sin

So that we can rise again”

Prince Jhesus, qui sur tous a maistrie,
Garde qu’Enfer n’ait de nous seigneurie :
A luy n’avons que faire ne que souldre.
Hommes, icy n’a point de mocquerie;
Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre.

Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre.

Vers 4 : merciz : le nom féminin « merci », au sens de « pitié », « miséricorde » (penser aux expressions « demander merci », « être sans merci »). Le « z » final (qui équivaut à un « s ») a été ajouté par Villon par analogie du cas sujet du type li murs (comme cela était admis dans la versification médiévale) pour faciliter la rime

Vers 6, 7 et 8 : nourrie (…) pourrie (…) pouldre : ces trois rimes se retrouvent au du Testament qui décrit le charnier des innocents et qui par ailleurs se termine par : « Plaise au doulx Jesus les absouldre! ».

Vers 7 : dévorée : peut signifier « mangée (par les oiseaux) », mais aussi et c’est le sens premier : « décomposée »

Deuxième strophe : Villon dévoile enfin la cause du décès des corps parlant (par justice), après avoir laissé le doute dans la première strophe pour laisser le lecteur les prendre en horreur et en pitié.

Vers 13 : Par justice : double sens : « Ce n’est que justice » et « Par décision de justice ». Justice pourrait aussi être une allégorie (très présentes dans la poésie des xive siècle et xve siècle), mais l’absence de majuscule incite à ne retenir que ces deux premiers sens.

Vers 14 : Que tous hommes n’ont pas le sens rassiz voir le Lais vers 2 et 3 : Je, François Villon, escollier, /Considérant, de sens rassis, ….

Vers 15 : transis : un transi est une représentation d’un corps en décomposition que l’on trouvait couramment dans les livres d’heures et sur les tombeaux au xve siècle.

Vers 19 : harie du verbe harier : moquer, insulter

Vers 23 : cavez participe passé de caver qui signifie « creuser des galeries » et s’applique plus spécifiquement aux animaux fouisseurs (taupes…)

Vers 26–27: le rythme de ces vers suggère une harmonie imitative qui imite le mouvement du vent

Vers 28 : Plus becquetez d’oiseaulx que dez à couldre : réminiscence du Dit de la mort, poème anonyme où le corps est picoté [par les vers, cette fois] comme ung day pour coudre.

Envoi : Les morts n’ont maintenant plus besoin des vivants pour intercéder et interpellent directement Jésus, tout en incluant les vivants dans leurs prières.

La Ballade Des Pendus VII Produced by VII Album Inferno II : La couleur du deuil

[Couplet 1]
Je n’ai tué que le temps à la maison d’arrêt

Moi j’ai pris sept ans dans du neuf mètres carré
Je fais chauffer ma bouffe dans des boîtes de conserves
Et l’oeil du gardien dans le judas m’observe
Jamais la moindre lettre animal qui veut naître
Jour et nuit accroché aux barreaux des fenêtres
Merci pour le tabac et le gramme de pollen
Je fais profil bas, j’évite quelque problèmes
On se réchauffe le sang dans la froideur des corps
Seul Fédor se souvient de la maison des morts
Sur des bouts de miroir on se sent mal assis
Tout déborde en moi malgré la pharmacie

[Refrain]
Délivré des potences allant vers le trépas
Les nuits de silence ici n’existent pas
Tiré vers le bas hors de l’humanité
Trouver ma dignité tournée vers l’au-delà
Délivré des potences allant vers le trépas
Les nuits de silence ici n’existent pas
Somnambule tu n’entends que le glas
Déambule mais la mort te prendra par le bras

[Couplet 2]
De fer ou de chair les prisons sont les mêmes
J’en ai tellement souffert que ces chaines soient les miennes
Le système est une pomme j’suis un vers de Verlaine
Combien dans ces geôles se sont ouvert les veines ?
Le coin de l’œil vide on danse dans nos tombes
Quand les masques tombent les visages sont livides
La valeur d’un homme ne se comptent qu’en balafres
L’esprit léger un peu comme un cadavre
La porte que j’entrouvre n’est sûrement pas la bonne
On me brisera les ailes dans leur capharnaüm
Déserté les parages quand le maton m’appelle
Cherche un peu de courage pour que j’abrège ma peine

[Refrain]
Délivré des potences allant vers le trépas
Les nuits de silence ici n’existent pas
Tiré vers le bas hors de l’humanité
Trouver ma dignité tournée vers l’au-delà
Délivré des potences allant vers le trépas
Les nuits de silence ici n’existent pas
Somnambule tu n’entends que le glas
Déambule mais la mort te prendra par le bras

“Angel, put sad wings around me now
Protect me from this world of sin
So that we can rise again”


[Couplet 3]
Le nœud des remords me sert la carotide
Le goût du pêché n’a plus rien d’exotique
D’un pas lymphatique dans la vallée des ombres
Les corneilles sont venues contempler les décombres
Écrite est ma vie ornée d’enluminure
C’était parfois si dur d’avoir ce mal de vivre
La pensée des gens n’est plus qu’un charabia
Vigilant ? Même pas, seulement paranoïaque
Enfermé dans mon cloaque on me cloître a l’écart
Allongé sur la pierre dans mon foutu mitard
Pas que la mort m’attire mais elle me délivre
Le drap autour du cou et si loin du martyr
Je m’écroule

[Refrain]
Délivré des potences allant vers le trépas
Les nuits de silence ici n’existent pas
Tiré vers le bas hors de l’humanité
Trouver ma dignité tournée vers l’au-delà
Délivré des potences allant vers le trépas
Les nuits de silence ici n’existent pas
Somnambule tu n’entends que le glas
Déambule mais la mort te prendra par le bras

“Angel, put sad wings around me now
Protect me from this world of sin
So that we can rise again”

BALLADE DES DAMES DU TEMPS JADIS

Dictes moy ou, n’en quel pays,
Est Flora la belle Rommaine,
Archipiades ne Thaïs,
Qui fut sa cousine germaine,
Echo parlant quant bruyt on maine
Dessus riviere ou sus estan,
Qui beaulté ot trop plus q’humaine.
Mais ou sont les neiges d’antan?

Ou est la tres sage Helloïs,
Pour qui chastré fut et puis moyne
Pierre Esbaillart a Saint Denis?
Pour son amour ot ceste essoyne.
Semblablement, ou est la royne
Qui commanda que Buridan
Fust geté en ung sac en Saine?
Mais ou sont les neiges d’antan?

La royne Blanche comme lis
Qui chantoit a voix de seraine,
Berte au grand pié, Beatris, Alis,
Haremburgis qui tint le Maine,
Et Jehanne la bonne Lorraine
Qu’Englois brulerent a Rouan;
Ou sont ilz, ou, Vierge Souvraine?
Mais ou sont les neiges d’antan?

Prince, n’enquerez de sepmaine
Ou elles sont, ne de cest an,
Qu’a ce reffrain ne vous remaine:
Mais ou sont les neiges d’antan

Written by

Dr Jacques COULARDEAU, PhD in Germanic Linguistics (University Lille III) and ESP Teaching (University Bordeaux II) has been teaching all types of ESP

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