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Abbé Boudal — Laurent Martin — Mélanie Bonis

LAURENT MARTIN SOUS LES PEINTURES DE LÉON BOUDAL — OLMET 12 AOÛT 2023
Nul n’est prophète en son pays, mais en musique Laurent Martin l’a été dans son Livradois Forez et cette musique qu’il a annoncée, défendue, enrichie des noms de nombreuses femmes compositrices oubliées, ou plutôt reléguée dans le silence des coursives du yacht social de la bourgeoisie industrielle ou du commerce du 19ème siècle et d’une bonne partie du 20ème siècle. Pourvu que le 21ème siècle ne soit pas celui de je ne sais quelle revanche, mais qu’il soit simplement celui de la redécouverte et de la ressaisie de leurs particularismes, pas simplement des notes et des intervalles mais aussi d’une vision, une émotion, une dramatisation de leur univers mental. Le risque est fort après des mouvements comme #METOO, que certains et certaines essaient de faire de ces compositrices des prophétesses ressuscitées après une mort dans un vaste silence pendant leur vie, au plus une sorte de succès d’honneur ne laissant pas grand-chose derrière elles qui puisse perdurer sans devoir être redécouvert, revalorisé, réinventé en quelque sorte.
Rencontrer Laurent Martin, au piano comme il se doit, et à Olmet en plus, dans l’église classée monument historique en bonne voie de rénovation, donc de sauvetage avant ce qui aurait pu être la ruine, est une fête en soi, un plat de roi. C’est en plus des stalles sud du chœur que j’ai vu ce piano prendre vie une fois de plus avec son maître dompteur qui est loin d’avoir perdu la moindre once de son panache et de sa virtuosité.
Et ce concert du 12 août 2023 m’envoie imaginer ce que le piano peut bien apporter au monde entier.
Le piano, cet instrument récent en définitive montant plus que descendant du piano forte de Beethoven, est l’Himalaya de la musique, l’Everest de la contemplation et de la béatitude en pleine illumination mentale et spirituelle.
Le piano est le Kilimandjaro de la diversité sans cesse remise en cause et démultipliée par la main gauche ou droite, selon les caprices et les envies du compositeur, parfois même du pianiste qui organise sa marche manuelle sur le clavier comme il l’entend, ou comme il veut que nous l’entendions.